MES ETAPES



mardi 22 octobre 2013

J17 - Ma 22/10/13 : Carron - Terradillos de Los Templarios (27km)


Sainte Claire ne nous sourit pas ce matin ! Notre nuit au Couvent de Santa-Clara n’aura pas suffit à éloigner les nuages et il pleuvra des cordes toute la journée. Probablement parce que “no hemos llevado huevos a las monjas de Santa Clara” (parce que nous n’avons pas apporté des oeufs au soeurs clarisses)… La tradition des oeufs offerts à Sainte Claire survit dans pas mal de pays d’Europe, y compris en Belgique, mon pays...

Le front de pluie annoncé s’abat sur la ville et est déjà la cause d'inondations en Galice et à Santiago. A la sortie du village se présente une route de galets, longue, longue... à n’en plus finir, telle une panaméricaine. Avec la pluie qui nous pousse, ce qui est sûr c’est qu’on avance, comme la légion : 6 km/h.

10h00. Après 18 km, pause bien méritée au bar de Calzadilla de la Cueza, je suis trempé jusqu’aux os. Le bar du village devient le refuge de tous les pèlerins du chemin… Profitant d’une accalmie, 1 heure plus tard, nous redémarrons pour une dernière ligne droite, moins droite toutefois que la précédente, de 9 km pour Terradillos de Los Templarios.

Nombreuses maisons en adobe dans les villages traversés… Direction l’Albergue privée Jacques de Molay. L’après-midi passe rapidement entre repas à l’auberge, sieste… Mauvaise surprise, Eduardo trouve deux chinches (punaises) dans les couvertures… Les seules que nous verrons ici.

Bon à savoir :

Albergue privée Jacques de Molay (8€ lits superposés - 10€/lits simples dans chambre de 2 ou trois).

Plus d’infos sur la tradition des oeufs à la Sainte-Claire :


lundi 21 octobre 2013

J16 - Lu 21/10/13 : Fromista - Carrion de los Condes (21 km)

Nuit entrecoupée par divers réveils dus aux ronfleurs qui m’entourent. 4h00 du mat, je ne dors plus, Facebook et mes amis se rappellent à moi… 7h00, départ dans la nuit avec David, non sans un petit-dej préalable dans un bar du village. La sortie de la ville se fait le long d’une grande nationale sur quelques km avant que deux déviations nous permettent de la quitter, l’une contournant le camino routier vers Villovieco, l’autre longeant le rio avant de retomber sur la route. Étape sans grande difficulté, arrivée vers midi. On aimerait continuer car, après 15 jours de marche, 20 km c’est peu pour remplir une journée de pèlerin. Mais continuer impliquerait de faire 17 km supplémentaires jusqu’à Calzadilla de la Cueza ce qui me semble trop pour une journée normale.


Nous retrouvons Eduardo, arrivé plus tôt à l’Albergue Santa Clara des soeurs clarisses, cloîtrées. Cloîtrées, elles le sont et l’hospitaliero portier ne peut leur adresser la parole que par une fenêtre voilée. Nous retrouvons également “Eduardo le colombien”, déjà croisé quelques jours auparavant.


Un après-midi à tuer le temps dans le village qui n’a pas grand chose pour lui… SMS de Jean-Michel arrivé à Sahagun, deux étapes plus loin !  


Bon à savoir :
l’Albergue Santa Clara des Soeurs Clarisses : 5€/nuit - 7€/p chambre de deux. Tout défraîchi mais propre.

dimanche 20 octobre 2013

J15 - Di 20/10/2013 : Castrojeriz -> Fromista (26,1 km)


Encore une superbe étape aujourd’hui dans la meseta ! Départ tôt dans l’espoir d’assister au lever du soleil au sommet de la meseta de Mosterales (900 m d’altitude) mais le ciel, au loin, est couvert de nuages, des conditions qui ne sont pas propices à offrir un beau spectacle matinal. Après quelques minutes d’attente d’un improbable lever de soleil flamboyant, je continue ma progression sur le plateau de Mosterales avant d’amorcer une descente affichée à 18% vers la Fuente del Piojo. Un habitant local propose pour quelques sous (donativo) quelques rafraîchissements et victuailles… Je m’arrête pour prendre un café, le soleil fait son apparition et illumine la meseta alentour...

Trois heures plus tard, entrée dans le village Itero de la Vega. Son café-auberge, à l’entrée du village, “m’offre”, si je puis dire, pour 4€, un exécrable bocadillo de pain sec. Le ciel sombre joue à cache-cache avec le soleil durant toute la matinée. Par moments, il présente de belles lumières sur la meseta où s’égrènent le chant des bruants proyers et le cri râpeux des alouettes calandres. 

Boadilla del Camino, 12 sons de cloches… Pause cerveza, à côté de l’église, à l’albergue “En el Camino” au cadre serein et aux propriétaires accueillants. J’y resterais bien si je n’avais pas rendez-vous aujourd’hui, à Fromista, avec mon ami David...

Canal de Castille menant à Fromista
Un troupeau de mouton accompagne ma marche sur quelques centaines de mètres à la sortie du village. L’automne s’annonce à travers le feuillage coloré des peupliers et des roseaux phragmites qui bordent le canal de Castille menant à Fromista. Un SMS de Jean-Michel m’annonce : “Chinches au refuge municipal”. Aussi, je décide de privilégier cette fois une auberge privée, Estrella del Camino (8€). L’accueil n’est pas des plus chaleureux, l’espace vital dans le dortoir réduit à sa plus simple expression, local sombre et peu aéré. Bref, je le déconseille…

19h00 : arrivée de mon ami David par le train. Retrouvailles…

samedi 19 octobre 2013

J14 - Sa 19/10/13 : Hornillos del Camino - Castrojeriz (18,5 km)

Il a plu cette nuit et les nuages sont largement présents ce matin … À la sortie du village, je dépasse Tom, un danois à la mine patibulaire croisé la veille comme une âme en peine au bar-resto du village. Son sac est à moitié ouvert, il me dit se perdre de nombreuses fois lorsqu’il chemine à l’aube… Même si le chemin est généralement bien balisé, dans l’obscurité il est difficile de localiser les repères… Je dépasse Tom, non sans oublier de lui souhaiter, comme le veut la tradition, un Buen camino…

Le jour se lève progressivement et laisse découvrir une meseta tout en contraste avec des sols crayeux, blancs, qui contrastent avec d’autres d’un brun prononcé, ponctués des fruits rouges d’églantiers de saison… Cette meseta m’inspire, on y trouve le silence et seules quelques éoliennes au loin nous rappellent que la civilisation n’est pas loin…

Deux heures plus tard, arrivée à Hontanas, un village abrité au fond d’une vallée dont les photos illustrent de nombreux sites web. L’arrivée dans le village est l’espoir d’une pause à l’abri du vent qui souffle sur les plateaux. Ce n’est pas pour rien que ces villages sont blottis au fond de vallées : plus frais en été et à l’abri du vent glacial l’hiver. L’homme a toujours su choisir au mieux son habitat… Je retrouve Edouardo au bar du village où nous déjeunons. C’est devenu presque une tradition : départ le ventre vide, petit-dej 2 à 3 heures plus tard dans le premier village de l’étape.


Ancien monastère de San Anton… Deux ouvertures dans le mur où auparavant on approvisionnait les pèlerins en nourriture. On y trouve des messages et des intentions (photos). Les derniers km longent la route. Le village de Castrojeriz tout en longueur s’étire sur plus de 3 km et présente trois églises au moins, une à chaque extrémité et une au centre de la Plaza Major où se situe l’Albergue San Esteban. Expo de photos dans l’auberge. Joli village...

Plusieurs de nos amis pèlerins ont fait de plus grandes étapes. La quiétude et le calme qui règnent maintenant contrastent avec les précédents jours où nous nous retrouvions souvent à plusieurs autour d’un verre. En chemin, ce matin, j’avais à la fois la nostalgie d’avoir laissé des amis me devancer et à la fois la joie de trouver une quiétude et une solitude plus propices à faire “mon” chemin. Mais cette année, je ne suis pas pressé, j’ai décidé de prendre mon temps… Marcher ou courir, c’est une question qui revient en chemin… Arrivé à l’Albergue municipal San Esteban, la réponse m’est donnée par une carte qui traîne à côté de mon lit, comme un message : Todo el mundo corre pero nadie va a ningun lugar (...).


Après la sieste, Eduardo et moi montons voir el “Castillo”, le château fraîchement restauré qui offre au sommet de la colline un splendide panorama à 360° sur la meseta alentour. Tout le long de la montée se trouvent des cavités dans le calcaire; ce sont d’antiques bodegas et des maisons troglodytes, certaines restaurées et encore habitées.

Le soir, repas à l’Albergue avec Eduardo et un anglais qui fait la route Rome - Santiago - Rome - Jérusalem. Sans famille, sans travail, il a le temps…


vendredi 18 octobre 2013

J13 - Ve 18/10/13 : Burgos -> Hornillos del Camino (20 km)


Petite étape de 20 km… La moitié, à la sortie de Burgos, sans grand intérêt, à proximité des routes et d’une voie ferrée, mais ensuite, après Rabé de las Calzadas, on rentre de plein pied dans la meseta. Un petit vent rafraîchit l’atmosphère mais mes oreilles rougissantes ne s’y trompent pas, le soleil tape dur ici ! Plus loin, une (autre) écrevisse, une vraie, traverse le chemin !


Parti de bon matin, Jean-Michel atteindra certainement Hontanas, 10 km plus loin alors qu’Eduardo et moi ferons étape à Hornillos del Camino. Si je n’avais pas rendez-vous à Fromista dimanche avec mon ami David rencontré l’an passé sur le Camino del Norte, je pourrais marcher plus et prendre de l’avance, me dis-je. Mais à quoi bon presser le pas alors que je ne suis pas pressé par le temps… Quel luxe !



Le village d’Hornillos a une auberge municipale et une nouvelle auberge privée - El Almar - depuis quelques mois. Je déroge exceptionnellement à ma règle de privilégier les “municipal” et je m’arrête au ‘privado’ avec Eduardo. Propriétaire super sympa, auberge clean, gestion basée sur la confiance. Une bonne adresse ! Et pour les collectionneurs de cachets de credentiales, ici, c’est incontestablement le plus beau du Camino !


Le symbole du village est un coq (ou une poule ?). Le proprio m’explique que l’histoire remonte au temps napoléonien où les troupes traversèrent le village. Profitant de la présence des habitants à la messe, ils tuèrent toutes les poules et les cachèrent dans leur tambour. Toutes mortes… sauf une qui cria lorsque les habitants sortirent de la messe. La suite se passa mal pour les grognards…


Bon à savoir :
Accueil chaleureux à l’auberge privée “El Almar”. Prix : 7€ + 1€ wifi + 1€ utilisation de la cuisine


jeudi 17 octobre 2013

J12 - Jeudi 17/10/13 : Cardeñuela Riopico -> Burgos (16 km)

Départ 7h30. Toute petite étape de 16 km aujourd'hui et pas des plus intéressantes car l’entrée dans Burgos est réputée longue et épuisante. En chemin, une silhouette de serpent se découpe sur le bitume au bord de la route : une vipère de lataste (Vipera latastei), morte mais en parfait état. Une recherche sur le web m’indique que 3 espèces distinctes de vipère sont présentes dans la Province de Burgos.

Passé le pont qui surplombe l’autoroute, il ne faut pas se tromper. Juste avant un lotissement, une variante - peu visible ! - descend vers la gauche, traverse des champs en direction de l’aéroport. L’intérêt de cette variante réside dans le fait qu’on évite de marcher sur le macadam et que l’on reste plus longtemps sur des chemins agricoles plus paisibles.

Arrivée vers 10h30 à l’Albergue Divina Pastora de Burgos (16 places, 5 €) bien tenue et probablement plus calme que la grande albergue municipal avec ses 150 places dont les échos sont toutefois positifs.


L’objectif de la journée est de profiter de la ville : visite du centre historique, de la Cathédrale (réduction sur présentation de la crédentiale), soirée pinchos avec Jean-Michel et Eduardo..

Bon à savoir :
Pour éviter de marcher une grande partie du chemin sur du macadam, ne pas louper la variante après le pont de l’autoroute qui descend vers la gauche (vers Castañares), juste avant un lotissement. Voir photo ci-contre.




mercredi 16 octobre 2013

J11 - Me 16/10/13 : Villafranca Monte de Oca -> Cardeñuela Riopico (24,5 km)


Tôt ce matin, dans la pénombre du jour naissant, je suis accompagné par le chant des grillons des bois dès la sortie du village. J'espérais croiser un loup en gravissant los montes de Oca mais il y a bien longtemps qu’ils ont du déserter les lieux comme les brigands qui, autrefois, y détroussaient les pèlerins. Pour Aymeri Picaud, dans le Codex Calixtinus (guide du pèlerin), cette étape était l'ultime épreuve entre la sauvage Navarre et l'accueillante Castille. Au sommet de la première montée, une stèle commémore des résistants tués en 1936 et enterrés dans une fosse commune mise à jour en 2011. Macabres découvertes…

Au loin le jour se lève à travers des nuages sombres. La vie commence à renaître et ma marche est accompagnée sur quelques mètres par un rouge-gorge comme pour me guider dans la pénombre et par le chant des mésanges noires et des bec-croisés, deux espèces d’oiseaux qui confirment que les conifères ne sont pas loin… Mais pour l’heure, ce sont surtout des bois de chênes et de pins sur sol sablonneux, couverts de callunes et de bruyères, que je traverse...

12 km plus tard, San Juan de Ortega et son monastère en train d’être restauré. Son unique bar accueille notre première pause café. La suite du parcours jusqu’à Attapuerca offre encore de superbes paysages - si ce n’est les derniers km le long d’une route -, des forêts de chênes avec quelques individus majestueux qui dominent le paysage au sommet d’une colline. 

Attapuerca est connue pour son homme préhistorique. Un centre d’interprétation moderne, visible de loin, lui est consacré. Nous décidons de faire le détour pour le visiter. Mal nous en prit, le célèbre homme dont on ne dispose que quelques fragments de mâchoires se trouve ailleurs, dans un musée, et le centre d’interprétation n’est accessible qu’aux groupes organisés de minimum 50 personnes. Merci de penser aux pèlerins à pied et de l’annoncer sur les panneaux indicateurs !

A coté de l’ancienne école d’Attapuerca reconvertie en maison communale se trouve un magasin-bar. Nous nous y arrêtons pour manger un bout. Je prends une empanada au thon, la première… qui sera aussi la dernière du séjour. Après deux coups de mâchoires, je découvre l’intérieur, noir, tapissé de moisissures de je ne sais combien de jours voire de semaines… Confuse, la gérante me la remplace sans me la faire payer, c’est le moins que l’on puisse en attendre.

En chemin, Eduardo papote avec une dame. Elle nous apprend que chaque année des pèlerins meurent ici en chemin… Elle ne nous dit pas si on a retrouvé dans leur estomac des restes d’empanadas...

Quittons Attapuerca, direction Cardueña Riopico, notre étape du jour. Le chemin longe un terrain militaire de haut intérêt biologique. Une alouette lulu y chante et j’y entends des cris de bruants. Chez nous, un tel site serait en réserve naturelle et sous haute surveillance. Ici aussi il l’est, mais par les militaires. Au sommet de la colline, une croix et une vue sur Burgos qui se profile au loin et dont on discerne à peine la cathédrale.  Encore 2,5 km et nous atteignons notre destination du jour : Cardueña Riopico.

Bon à savoir :
Le refuge municipal de Cardueña Riopico (correct, 16 places, 5 €, une seule douche) se trouve à côté du bar “La Parada” (menu del peregrino 8 €, correct, sans plus).






mardi 15 octobre 2013

J10 - Mardi 15/10/13 : Grañon -> Villafranca Montes de Oca (29 km)

“Pluie du matin n’arrête pas le pèlerin”. Il fait gris, pluvieux et très venteux ce matin et c’est les yeux rivés sur les pieds que je chemine, face aux bourrasques… Des conditions optimales pour favoriser l’introspection qui rendent ainsi plus aisée le cheminement sur cette étape qui n’est pas des plus jolies et agréables, en bordure de la nationale Burgos - Logroño (N120). Heureusement, ici une piste borde la nationale, heureux contraste en comparaison au Camino del Norte où il faut souvent batailler sa place avec les voitures le long des nationales...


À Belorado, je retrouve Edouardo, perdu de vue depuis hier. Lui qui nous avait conseillé Grañon comme étant le passage obligé du chemin, il a poursuivi sa route, vu l’heure peu tardive. Il doit encore s’en mordre les doigts plusieurs mois après…


Une table devant une maison de Belorado propose des légumes en
“donativo”, c’est suffisamment rare et original pour être mentionné. L’Église de Belorado, majestueuse, est surmontée de quelques nids de cigognes.


L’auberge municipale de Villafranca Montes de Oca est propre, très correcte et à un prix très compétitif (5€, le moins cher pour le moment). Une dizaine de personnes se retrouvent ce soir, dont Jean-Michel, Eduardo, Christian et Quentin… Et Popi, un sympathique pèlerin qui ne passe pas inaperçu avec son chien et la charrette qu’il tire derrière lui. Sans travail et sans famille, il porte des messages d’amour inscrits sur des pancartes. Son chemin l’emmène vers Rome et, ensuite, Jérusalem ! Rien de moins...


L’hospitalera explique que l’auberge municipale devra probablement fermer ses portes l’an prochain. En cause la concurrence de l'hôtel voisin qui casse les prix pour favoriser son auberge privée. Sauf exception (mauvais échos, présence de punaises des lits...), je donne la priorité aux hébergements de type “donativo” ou “municipal”.  Je suis convaincu que si les hébergeurs devaient un jour tous devenir des “prestataires de services” privés, l’esprit originel du chemin en serait profondément modifié… Privilégier les “services publics” est, pour moi, un acte de résistance en réaction à la “privatisation” de la société… à laquelle le Camino n’échappe pas...



lundi 14 octobre 2013

J9 - Lundi 14/10/13 : Azofra - Grañon (22 km)


Si certains matins je démarre sans prendre mon traditionnel “cafe con leche”... c’est que je sais que maximun deux ou trois heures plus tard, j’aurai l’occasion de m'asseoir à un bar pour prendre un petit-déjeuner. Les campagnes sont silencieuses dans l’aube naissante… Pour la première fois depuis Saint Jean Pied de Port, le fléchage se fait bancal de sorte que plusieurs pèlerins se perdront ce matin. 10 km après Azofra apparaît au loin un village tout droit sorti de terre. Cirueña, une cité fantôme composée de constructions modernes où seul le golf semble encore attirer une clientèle bourgeoise alors que toutes les maisons affichent “Se Vende”.

Cirueña marque visiblement la frontière entre La Rioja vinicole des jours précédents et la Rioja agricole dont les terres céréalières - et semble-t-il aussi de pommes de terre (que récoltent en ce moment des coopératives) - couvrent à présent l’horizon. 

Santo Domingo de la Calzada… Il faut bien peu de choses pour créer une légende autour d’un pauvre coq emprisonné dans la Cathédrale du village que nous visitons, de même que sa tour offrant une vision panoramique, le tout pour un “prix pèlerin” de 4 €.

Après Santo Domingo, une longue piste le long de la nationale nous mène après un peu plus d’une heure à Grañon. Direction, l’albergue paroquial donativo (logement + repas + peti-déj). Donativo signifie que chacun donne ce qu’il veut en fonction de ses moyens…

Repas, tous ensemble, confectionné par nos hospitaleros, une équipe de choc composée ici d’un espagnol et d’un américain. Les équipes de deux personnes se relaient de 15 jours en 15 jours pour accueillir les pèlerins dans de bonnes conditions. Sont également présents ce soir, une allemande et une espagnole qui assureront la relève les 15 prochains jours…. En gros, l’argent donné un jour par le pèlerin sert à faire les achats du jour suivant. Si nous sommes rassasiés ce soir c’est parce que la solidarité pèlerine de la veille a bien fonctionné...


Dans la donativo de Grañon, la tradition veut aussi qu’après le repas chacun puisse, s’il le désire, partager un moment de réflexion, un mot, une phrase, un chant… dans l’ambiance de la chapelle illuminée par quelques bougies… avant de se “hugger”, de s’embrasser chaleureusement...  L’appréhension de départ (c’est quoi cette secte ? ;-)) se transforme vite en moments forts.  Excellente nuit en dortoir sur des matelas au sol. 

Bon à savoir :
L’albergue paroquial donativo de Grañon est sans conteste l’une des meilleures adresses du chemin. A ne pas manquer !